Marie Claude Varaillas

Une nouvelle étude sur les femmes en ruralité

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Dans la continuité du rapport sénatorial sur les femmes dans les territoires ruraux que j’ai cosigné, publié en octobre 2021, l’institut Terram a publié une étude en début d’année intitulée « Ce que vivent (vraiment) les femmes rurales». Selon ses auteurs, la ruralité n’est pas productrice d’inégalités de genre, mais elle en amplifie fortement les effets. 

11 millions de femmes, soit un tiers des Françaises vivent en milieu rural et cette réalité est encore insuffisamment prise en compte dans les politiques publiques.

Derrière la notion de « femme rurale », la réalité est très diverse, mais un même facteur structure les inégalités, celui de la distance. L’éloignement des services, des emplois, des formations et des infrastructures renforce la charge logistique quotidienne, qui repose majoritairement sur les femmes. Elles assument l’essentiel du travail domestique et des déplacements familiaux, avec des marges de délégation bien plus faibles qu’en ville.

Cette organisation spatiale fragilise aussi leur autonomie économique. Plus de la moitié des femmes rurales ne se sentent pas en sécurité financière, leurs trajectoires professionnelles sont plus contraintes par les temps partiels subis, les carrières discontinues et les choix d’orientation limités dès le lycée. La charge mentale est plus forte, le temps personnel plus réduit, et les écarts de patrimoine et d’indépendance économique avec les hommes s’accentuent.

Toujours selon les auteurs de cette étude, les inégalités se prolongent dans l’accès aux droits essentiels : santé, garde d’enfants, accompagnement social ou protection contre les violences. Les distances, le manque de services et l’absence d’anonymat freinent les recours, notamment en matière de violences conjugales, malgré des besoins particulièrement élevés.

Enfin, ces contraintes nourrissent un sentiment d’isolement important et influencent les trajectoires de vie comme les choix sociaux et politiques. Le texte souligne ainsi un « malus rural du genre »où  les inégalités femmes-hommes y sont les mêmes que partout, mais durcies par la géographie.

En conclusion, l’étude appelle à replacer l’accessibilité aux services, aux droits et aux opportunités au cœur des politiques publiques.

À lire ici : https://institut-terram.org/publications/ce-que-vivent-vraiment-les-femmes-rurales/