Mardi 28 avril, le Sénat a débattu du fonctionnement et du financement des services départementaux d’incendie et de secours (Sdis), à l’initiative du groupe Les Républicains. Un débat marqué par un constat largement partagé d’un modèle actuel sous tension. Mais derrière ce diagnostic commun, les réponses divergent profondément.
En vingt ans, les missions des sapeurs-pompiers ont augmenté de 75 %, avec une transformation majeure de leur activité. Près de 80% des interventions concernent désormais le secours à la personne. Une évolution directement liée aux failles du système de santé et à la désertification médicale.
Les chiffres témoignent aussi d’une pression budgétaire croissante avec la hausse des coûts énergétiques et les incertitudes liées à certaines évolutions juridiques européennes.
Au nom du groupe CRCE-K, ma collègue Céline Brulin a relayé l’inquiétude des organisations syndicales décrivant un système « à bout de souffle », confronté à des effectifs insuffisants, à des moyens contraints et à une organisation en tension permanente. Avec des conséquence directes graves, telles que l’allongement des délais d’intervention, la fatigue accrue des personnels et un risque de dégradation de la prise en charge.
Au-delà des seuls Sdis, nous avons pointé une crise plus globale des services publics dans les territoires. Le cœur du problème réside dans le mode de financement. Aujourd’hui, les Sdis reposent majoritairement sur les collectivités territoriales, alors même qu’ils remplissent une mission régalienne.
Avec mon groupe nous appelons à un changement de logique :
mobilisation de la solidarité nationale ;
renforcement du financement de l’État ;
concrétisation rapide des engagements pris, notamment en matière d’équipements.
Si un consensus semble émerger autour de certaines solutions, élargissement de la taxe spéciale sur les conventions d’assurance (TSCA), création de contributions spécifiques ou nouveaux mécanismes de péréquation, leur mise en œuvre tarde.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a annoncé des propositions dans le cadre du projet de loi de finances pour 2027, ainsi qu’un projet de loi à l’automne 2026. Des annonces trop lointaines. Pour mon groupe CRCE-K, le temps n’est plus aux diagnostics mais à l’action pour repenser en profondeur le financement d’un service public essentiel, disponible 24 heures sur 24 sur tout le territoire.


