Marie Claude Varaillas

PLFSS 2026 : un budget adopté mais toujours loin des besoins sociaux

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Mardi 16 décembre, l’Assemblée nationale a adopté définitivement le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, par 247 voix contre 232, sans recours au 49.3. Si le gouvernement se félicite d’un « compromis responsable », ce texte ne répond ni à l’urgence sociale ni aux besoins structurels de notre système de protection sociale.

Ce vote permet certes d’éviter un vide budgétaire, mais il ne saurait masquer l’essentiel : la Sécurité sociale reste sous-financée, avec un déficit annoncé de 19,4 milliards d’euros, et les choix opérés continuent de faire peser l’effort sur les assurés.

Un compromis politique, pas un progrès social

Présenté comme un texte « équilibré », le PLFSS 2026 est avant tout le fruit d’arrangements politiques destinés à éviter une crise institutionnelle.
La suspension de la réforme des retraites, obtenue sous la pression parlementaire et sociale, reste temporaire et ne règle en rien la question du financement pérenne des retraites ni celle du retour à un âge légal juste et universel.

Ce budget entérine surtout une logique déjà connue:

  • refus de mettre davantage à contribution les revenus financiers et les grandes entreprises,
  • maintien d’une politique d’économies sur la santé,
  • transferts de charges vers les assurés et les complémentaires.

Des mesures qui appellent de sérieuses réserves

Certaines dispositions présentées comme des avancées soulèvent de fortes inquiétudes.

  • Arrêts maladie : la limitation de leur durée renforce une approche comptable de la santé, au détriment de la réalité médicale et des conditions de travail dégradées.
  • Surtaxe sur les mutuelles : malgré les garde-fous annoncés, tout laisse craindre une hausse des cotisations, pénalisant directement les ménages.
  • CSG : augmentation du taux sur certains revenus du capital
  • Un reste à charge pour les patients atteints de maladie chroniques, comme le diabète
  • L’ONDAM encore insuffisant pour être à la hauteur des besoins de l’hopital

Si certaines avancées existent – consultation dédiée à la ménopause, meilleure prise en charge de la santé mentale, accompagnement des enfants en situation de handicap –, elles demeurent insuffisantes et fragmentaires, faute de moyens à la hauteur.

Pour le groupe CRCE-K, ce PLFSS illustre une nouvelle fois l’impasse des politiques menées depuis des années :

  • on prétend sauver la Sécurité sociale sans s’attaquer aux exonérations massives de cotisations,
  • on limite les droits sans sécuriser les recettes,
  • on soigne l’urgence sans reconstruire le système.

La Sécurité sociale n’est pas un coût mais un investissement social majeur, au cœur du pacte républicain. Elle mérite un financement juste, reposant sur la solidarité, la contribution des revenus du capital et la création de richesses.