Marie Claude Varaillas

Manque de vétérinaire en milieu rural

Temps de lecture : 2 minutes

Mme Marie-Claude Varaillas attire l’attention de Mme la ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire sur la pénurie de vétérinaires en milieu rural, et plus particulièrement en Dordogne.

Depuis plusieurs années, la Dordogne connaît une situation de désertification vétérinaire alarmante. De plus en plus de praticiens renoncent aux actes ruraux essentiels (prophylaxies, bilans sanitaires d’élevage, urgences), se concentrant sur les animaux de compagnie afin de maintenir l’équilibre économique de leurs structures.

Cette situation entraîne des conséquences immédiates et lourdes pour les éleveurs : allongement des délais d’intervention, explosion des frais de déplacement supportés par les éleveurs, mise en danger du bien-être animal, fragilisation de la sécurité sanitaire des filières et remise en cause de la viabilité économique des exploitations agricoles.

Les vétérinaires engagés en milieu rural dénoncent unanimement des conditions d’exercice devenues intenables. Surcharge administrative, multiplication des contrôles et des procédures rendent l’activité rurale chronophage et peu rémunératrice. Cette réalité explique en grande partie la perte d’attractivité durable de ces territoires pour les jeunes diplômés.

Si le Gouvernement a engagé un renforcement des effectifs formés dans les écoles nationales vétérinaires, les professionnels soulignent que ces mesures, à elles seules, ne permettront pas de répondre à l’urgence, ni à la spécificité et à la pénibilité de la médecine vétérinaire rurale.

Par ailleurs, le projet de création d’une école vétérinaire à Limoges, au coeur d’un important bassin d’élevage, constitue une réponse structurante et cohérente face à la pénurie croissante de vétérinaires en milieu rural. Porté par la région Nouvelle-Aquitaine, ce projet vise à rapprocher la formation des réalités de terrain et à favoriser, dès le cursus, l’ancrage territorial des futurs praticiens.

Dans un contexte marqué par le recul de la médecine vétérinaire rurale et par l’augmentation des risques sanitaires ce projet apparaît complémentaire du renforcement des écoles nationales vétérinaires. Il gagnerait à être pleinement soutenu par l’État afin de contribuer efficacement à l’attractivité de l’exercice vétérinaire dans les territoires d’élevage et à la sécurisation durable des filières agricoles.

Aussi, elle lui demande quelles mesures concrètes le Gouvernement entend prendre pour garantir une présence vétérinaire effective et durable en milieu rural, notamment en Dordogne, en renforçant les incitations à l’installation et à l’exercice en zone rurale, et en assurant que les politiques de formation ne se traduisent pas par une mise en concurrence inefficace entre écoles publiques et privées, au détriment de la qualité de la formation.