Le 12 février, le Premier ministre présentait la nouvelle feuille de route énergétique de la France. Une feuille de route attendue depuis trois ans mais qui ne sera pas débattue au Parlement, le Gouvernement ayant choisi de la faire adopter par décret.
Cette nouvelle programmation vise 60 % d’énergie décarbonée d’ici 2035, contre 42 % aujourd’hui. Elle s’appuie notamment sur la relance du secteur nucléaire, avec la construction d’au moins six nouveaux réacteurs de deuxième génération, ainsi que sur le développement de l’éolien en mer afin de réduire la consommation d’énergies fossiles. En revanche, le déploiement de l’éolien terrestre et du solaire est ralenti.
Au Sénat, les groupes parlementaires ont unanimement dénoncé la méthode employée par le Gouvernement, qui court-circuite un débat pourtant nécessaire sur des enjeux énergétiques stratégiques indispensable pour inscrire dans la durée un texte robuste, partagé et légitime. C’est pourquoi le Sénat a organisé, le 23 février dernier, un débat sur le sujet avec le ministre Roland Lescure.
Mon groupe a dénoncé la vision court-termiste du Gouvernement sur un enjeu éminemment stratégique qui mérite une planification claire. Nous avons également pointé le manque de visibilité sur le financement de cette PPE3, qui laisse les filières dans l’incertitude quant aux orientations énergétiques à venir. La PPE3 ne répond ni aux enjeux de sécurisation de notre approvisionnement énergétique, ni à la précarité énergétique qui touche 12 millions de nos concitoyens. Nous avons enfin dénoncé la perte de souveraineté et la spéculation engendrées par une concurrence sauvage des fournisseurs alternatifs pourtant mises en lumière par plusieurs rapports parlementaires.
Favorables à l’objectif d’un mix énergétique équilibré, nous avons rappelé notre proposition de loi visant à renationaliser EDF, ENGIE et Total Energies dans un grand service public de l’énergie pour décarboner l’énergie et assurer la protection des consommateurs et des salariés. L’énergie est un bien commun de première nécessité qui en appelle à une maîtrise publique, démocratique et planifiée.



