Marie Claude Varaillas

Débat sur l’agriculture française

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Alors que se déroule le  Salon international de l’agriculture, deux débats importants se sont tenus au Sénat, mardi 24 février : l’un consacré à la future politique agricole commune (PAC), l’autre aux crises de l’agriculture française.

Une PAC à refonder pour garantir la souveraineté alimentaire

Au nom du groupe CRCE-K, mon collègue Gérard Lahellec a rappelé l’ambition fondatrice de la PAC : assurer un revenu équitable aux agriculteurs, garantir la sécurité des approvisionnements et proposer des prix raisonnables aux consommateurs. Créée en 1957 et mise en œuvre en 1962, la PAC s’est profondément transformée au fil des réformes, passant d’un système de régulation des marchés et de prix garantis à un régime d’aides directes largement déconnectées de la production. 

Pour le groupe CRCE-K, ces évolutions ont accompagné une libéralisation croissante, sous l’effet des règles du Organisation mondiale du commerce, affaiblissant la régulation publique. Les perspectives budgétaires pour 2028-2034 de 300 milliards d’euros – marquées par une baisse des crédits de 13% – suscitent de vives inquiétudes.

Nous défendons une PAC forte, dotée de moyens ambitieux, recentrée sur la régulation des marchés, la territorialisation des productions, le soutien aux fermes familiales, des revenus équitables et le renouvellement des générations. Les indicateurs de performance ne peuvent ignorer la production agricole et la reconquête de notre souveraineté alimentaire.

Répondre aux crises structurelles de l’agriculture française

Le second débat a mis en lumière la dégradation préoccupante de la balance commerciale agricole française. Si la France demeure la première puissance agricole européenne en valeur de production, elle recule en valeur ajoutée et perd des parts de marché.

Pour mon groupe CRCE-K, réduire les difficultés agricoles à un « excès de normes » c’est négliger l’’enjeu central qui est la création et le partage de la valeur. Certaines orientations législatives passées ont favorisé la grande distribution au détriment des producteurs. Il est urgent de garantir des prix rémunérateurs, de soutenir les productions de qualité, de rééquilibrer les relations commerciales et de lutter contre les concurrences déloyales, notamment issues des traités de libre-échange.

Nous portons des exigences claires : des prix rémunérateurs, des pensions dignes pour les agriculteurs, la remise en cause des accords de libre-échange, un grand plan d’installation des jeunes et une véritable souveraineté alimentaire pour permettre à chacune et chacun de manger sain et à sa faim.

Produire en France, défendre nos spécificités, combattre les traités de libre-échange…l’agriculture appelle une vision politique ambitieuse, au service de nos territoires et de notre souveraineté.