Le 16 juin, le Sénat a adopté, par 229 voix contre 110, le projet de loi du Gouvernement ouvrant la possibilité, pour certains boulangers et fleuristes, de faire travailler leurs salariés le 1er mai.
Ce texte autorise les entreprises inscrites au registre national des entreprises en tant qu’« entreprises du secteur des métiers et de l’artisanat » à employer des salariés sur la base du volontariat le 1er mai, seul jour de l’année chômé et payé.
Ce projet de loi s’inscrit dans la continuité d’une première proposition de loi déposée en avril dernier et adoptée au Sénat en juillet puis abandonnée à la suite d’une forte mobilisation syndicale. Entre-temps, un nouveau texte a été débattu à l’Assemblée nationale puis transmis au Sénat.
Craignant que cette évolution ouvre la voie à une banalisation du travail les jours fériés au bénéfice des grandes enseignes davantage que des artisans, nous avons exprimé notre opposition à ce texte, avec l’ensemble des groupes de gauche, en appelant à ouvrir un débat plus large sur le sens du travail, sa pénibilité et le niveau des salaires.
Par ailleurs, alors que les artisans peuvent déjà ouvrir leur établissement le 1er mai sans faire travailler leurs salariés, nous nous interrogeons sur la réalité du volontariat dans la relation de travail, ainsi que sur l’affaiblissement progressif des protections collectives.
Il revient désormais à l’Assemblée nationale d’examiner le projet de loi.


