Mercredi 4 novembre 2026, le Sénat a débattu de l’avenir de l’orientation et de l’affectation des lycéens dans l’enseignement supérieur, à la suite d’une déclaration du Premier ministre prévue par l’article 50-1 de la Constitution. Sébastien Lecornu a confirmé le remplacement de Parcoursup pour la campagne 2028 et annoncé la réunion d’un comité de réforme dès le 9 novembre.
Pour le groupe CRCE-K, mon collègue Pierre Ouzoulias a rappelé que le problème de fond est le manque de places à l’université. Il a appelé à un plan pluriannuel pour l’enseignement supérieur et la recherche.
Dans un département rural comme le nôtre, l’orientation ne se joue pas seulement sur un écran. Elle dépend aussi de la distance aux formations, du coût du logement étudiant, des transports et de l’accompagnement au lycée. Je serai attentive à ce que la future réforme garantisse partout le droit de chaque bachelier à poursuivre ses études. Je veillerai aussi à ce que les engagements annoncés trouvent leur traduction dès le budget pour 2027.
Mis en place en 2018, Parcoursup a été critiqué dès l’origine pour l’opacité de ses critères, le poids du lycée d’origine et l’angoisse qu’il impose aux familles pendant de longues semaines. Sous la pression du mouvement lycéen, le Gouvernement a fait queqlues maigres concessions. Dès la campagne 2027, les refus devront être motivés et les critères d’admission rendus plus transparents. La plateforme sera ensuite remplacée pour la campagne 2028. Le comité de réforme associera lycéens, enseignants, organisations syndicales et patronales, ainsi que des parlementaires de chaque groupe des deux chambres. Ses premières recommandations sont attendues en novembre, et certaines pourraient donner lieu à un projet de loi.
Le Premier ministre a aussi annoncé le plafonnement des classes de seconde à 28 élèves et 500 postes d’enseignants supplémentaires, par amendements au budget pour 2027. Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, s’est dit ouvert à remplacer le critère du lycée d’origine par un indicateur comparant les notes de contrôle continu aux résultats du baccalauréat.
Pierre Ouzoulias a rappelé pour notre groupe que le Défenseur des droits, la Cour des comptes, la CNIL et le comité éthique de Parcoursup avaient tous pointé ses défauts, sans être entendus. « Ce que nous n’avons pas obtenu en 8 ans, les lycéens y sont parvenus en 40 jours », a-t-il souligné. Il a surtout mis en lumière la contradiction de la loi de 2018. Le baccalauréat ouvre en principe le droit de poursuivre des études, mais ce droit dépend en réalité des moyens accordés aux universités. Parcoursup sert ainsi à ajuster une demande qui augmente à une offre de formation qui recule. Changer de plateforme ne suffira donc pas sans des places et des moyens supplémentaires.


